REUTERS le 27-05-2009 - Pierre
Thébault, édité par Yves Clarisse
François Bayrou estime que les attaques dont il est l'objet venant de tous les bords politiques sont autant de bons signes pour
lui.
Lors de l'escale niçoise de sa campagne européenne et avant de s'arrêter à Marseille et Aix mercredi soir, le président du MoDem, troisième force du scrutin européen du 7
juin selon tous les sondages, pense que les électeurs ne sont pas dupes.
"Lorsque tout le monde vous attaque, c'est que vous êtes en train de réussir. Les gens pensent que si tout les partis se liguent contre un responsable politique, c'est qu'il dit des choses
fortes, qui dérangent, et qui vont au-delà de la langue de bois", a-t-il déclaré à la presse.
Selon lui, le succès de son dernier livre "Abus de pouvoir" sur le système de Nicolas Sarkozy en est la preuve
éclatante.
"C'est la première fois depuis bien longtemps qu'un livre politique est en tête des ventes, ça veut dire que les gens se reconnaissent dans cette manière de ne rien céder, d'oser, ce que les
partis d'opposition ne font plus depuis bien longtemps."
Et François Bayrou de fustiger dans la foulée trois initiatives qui ont marqué l'actualité au cours de ces derniers jours, l'inauguration par Nicolas Sarkozy d'une base militaire française à Abou
Dhabi, la proposition visant à autoriser le télétravail pendant le congé maladie et le projet d'installation de portiques de sécurité à l'entrée des écoles.
BASE MILITAIRE À ABOU DHABI
Il s'est dit "très choqué et inquiet" par l'engagement de la France à Abou Dhabi, décision prise selon lui sans concertation.
"On annonce l'ouverture d'une base militaire à quelques encablures de l'Iran, dans la région la plus 'brûlante' de la planète, avec des accords de défense qui
peuvent engager la France dans un conflit extraordinairement dangereux, sans l'avoir voulu. C'est la France qu'on expose et moi je trouve que c'est terriblement inquiétant", a-t-il
déclaré.
Le président du MoDem a souligné que jusqu'à présent la France avait toujours veillé à garder son libre arbitre dans cette région. "Là, sans concertation aucune, sans discussion, pour la première
fois depuis cinquante ans, on ouvre une base dans le monde. C'est un changement de stratégie majeur dans une zone de conflits extrêmement lourds."
"On n'a pas le droit de faire ça sans l'avoir exposé à la Nation, c'est un abus de pouvoir", a-t-il ajouté.
Les portiques en milieu scolaire, "ça ne se fera pas", a-t-il poursuivi en soulignant "qu'une école n'est pas un commissariat de police" et que contrôler les élèves sera impossible à mettre en
pratique.
"Les valeurs de l'éducation, ce n'est pas de transformer les principaux et les proviseurs en officiers de police", dit-il.
Il s'est également insurgé contre la proposition du député UMP Frédéric Lefebvre, rejetée par le
gouvernement, concernant le télétravail lors d'un congé maladie.
"Vous trouvez que ça va, que c'est un bon modèle société ça ? Très vite les employeurs distingueront deux sortes de gens, les malades qui acceptent de travailler et ceux qui ne l'accepteront pas et les uns et les autres seront notés différemment", a-t-il conclu.
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