Un article très intéressant ce Mardi 19 mai 2009 dans Direct Toulouse - issu du Journal Le MONDE
Politique. A moins de trois semaines des européennes, le score donné dans les sondages à François Bayrou énerve à
gauche et à droite. Au-delà de ces élections, le dirigeant centriste se projette déjà en 2012.
François Bayrou fait peur
Son positionnement inquiète l'Elysée et le PS
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Il voulait poser «un acte fondateur». Un peu à la manière d'un François Mitterrand avec son pamphlet Le coup d'Etat permanent contre le général de Gaulle. Quinze jours après la sortie de son livre Abus de pouvoir, tiré à 120000 exemplaires selon les éditions Plon, François Bayrou conquiert le titre de «meilleur opposant» à Nicolas Sarkozy. |
« Nicolas Sarkozy n'a plus aucune réserve de voix de second tour » Entourage du président du Modem |
Faut-il y voir un lien de causalité? Jeudi 14 mai, Jean-Pierre Raffarin, vie président du conseil national de l'UMP, a proposé d'engager une réflexion sur un scrutin un seul tour pour «toutes les élections, présidentielle comprise». Bayrou y a immédiatement décelé «un nouvel exemple d'abus de pouvoir». |
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Un sondage Opinionway paru dans Le Figaro, samedi, le place loin devant Olivier Besancenot, Martine Aubry, Ségolène Royal et Dominique de Villepin. C'est une première victoire. Le statut était jusqu'à présent détenu par Ségolène Royal. Le scénario d'un 21 avril bis où le parti socialiste serait écarté du second tour de l'élection présidentielle en 2012, au profit cette fois du centriste François Bayrou et non plus de Jean-Marie Le Pen (Front national), ne relève plus de la science-fiction. Pour 44 % des Français interrogés par Opinionway, Bayrou pourrait devancer le candidat socialiste, contre 40 % qui l'excluent. Alors qu'il n'est lui-même pas candidat aux élections européennes, il s'est installé brutalement au cœur de la campagne. Comment expliquer un basculement aussi rapide? «C'est l'effet du livre, tranche Philippe Lapousterle, ancien journaliste, devenu conseil1er de François Bayrou. II tombe au bon moment. En pleine crise, les gens avaient besoin qu'on leur parle, pour de vrai. C'est le seul ouvrage vraiment construit sur la politique de Sarkozy. Avant, ses critiques portaient moins, les gens pouvaient penser qu'il était dans le registre du soupçon. Mais là, après deux ans de présidence sarkozyste, nous sommes sur des certitudes. Les gens qui l'ont lu ou entendu l'ont trouvé cohérent.» Pour son conseiller, il est «en pleine métamorphose » |
En septembre 2001, après les attentats du 11-Septembre, le leader centriste, déjà en campagne pour préparer la présidentielle de 2002, avait jugé bon d'interrompre quelques semaines ses activités, craignant d'être à contre-courant des préoccupations des électeurs, traumatisés par la crise terroriste. «Cela a été sa plus mauvaise décision, estime Philippe Lapoustère, «il y avait une crise, il fallait parler. » Cette fois, Bayrou a tiré les leçons. En pleine crise économique, la plus grave qu'ait connue le monde depuis 1945, il a choisi de s'exprimer, et surtout de briser les consensus. La présidence de l'Union européenne, que tous les partis saluaient? La crise géorgienne que Nicolas Sarkozy se targuait d'avoir résolue, sans être démenti? Le sauvetage des banques? Le G20 présenté comme un succès? Sur tous ces sujets, il conteste la stratégie et la version du chef de l'Etat. Il dit ce que les socialistes ne s'autorise] plus. Ou alors si peu
Le leader centriste représente un danger pour tout le monde. Pour le Parti socialiste, bien sûr qui aurait bien du
mal à survire à un 21 avril bis. Mais aussi pour Nicolas Sarkozy. Face au président du Modem au second tour d'une élection présidentielle, le candidat UMP serait en difficulté pour
trouver des réserves de voix, pour capter les électeurs du centre et de la gauche L'Elysée est inquiet. |
«Nicolas Sarkozy n'a plus aucune réserve de voix de second tour. II a sa base de 30 %, c'est tout. Il cherche à trouver la parade», explique l'entourage du président du Modem. Même les Verts ne sont pas épargnés par l’effet Bayrou. Daniel Cohn-Bendit, la tête de liste Europe-Ecologie en Ile-de-France, l'accuse de détourner la campagne des européennes à son profit, d'appeler à un vote sanction de Sarkozy au lieu de défendre un programme pour l'Europe. «II y a usurpation», s'indigne l'ancien leader de Mai-68. «Je ne distingue pas le vote national du vote européen», rétorque l'intéressé. L'UMP est dans l'embarras. Officiellement, parti du président feint d'ignorer le danger «J’adopte la stratégie de l'essuie-glace, je balaye et poursuis la route», ironise Xavier Bertrand. Officieusement, les dirigeants ont bien compris qu'il n'était plus opportun de concentrer les attaques sur Ségolène Royal, la cible favorite du parti majoritaire depuis deux ans. Dominique Paillé, le porte-parole adjoint de l'UMP et ancien centriste, a bien tenté de porter la contradiction en publiant, dans la foulée de François Bayrou, Les habits neufs des faux centristes. Mais la mayonnaise du contre-pamphlet a bien du mal à prendre
Sophie Landrin
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François Bayrou, leader du Modem, lors de la 8' convention européenne à Montpellier, dimanche.
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